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24 juillet, 2012

Jean-Baptiste Commerçon a été directeur de l’Annexe de l’Asile Départemental

Classé dans : Vie communale — mairiesemurenbrionnais @ 6 h 34 min

Le docteur Olivier OUDET a tenu 2 conférences sur l’annexe de l’Asile Départemental. Voici le courrier qu’il m’a transmis dernièrement:

« Suite à la conférence d’avril 2012, du centenaire de l’annexe de l’asile départemental à Semur en Brionnais, monsieur Jean Berthelier m’a transmis cet article faisant l’éloge de monsieur Jean-Baptiste Commerçon qui fut le directeur de l’annexe de 1916 à 1934.

Monsieur Berthelier est l’ami de Guy Commerçon qui vit à Royan et qui a eu la gentillesse de photocopier pour nous cet article en hommage à son grand père.

Cet article est tirée d’une revue dont j’ignore le nom et la date. Il porte cette mention en exergue : « horticulteur reconnu, botaniste …., élu municipal dévoué, administrateur doué, travailleur acharné »

De la Saône et Loire au début du siècle : Jean Baptiste Commerçon

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La photographie date de 1934 montre Mr et Mme Commerçon et leur chien Fanon.

Jean Baptiste Commerçon naît à Igé en Mâconnais le 3 octobre 1871, de Pierre Commerçon et de Marie Mernaud. Après avoir fréquenté l’école du village, très jeune, il part à Lyon, au Parc de la Tête d’Or pour faire « sur le tas » son apprentissage de jardinier. Il en ramène une grande connaissance des végétaux cultivés pour la consommation (légules et fruits) et l’ornementation (fleurs) et aussi un violon d’Ingres, la Botanique, et encore… un métier puisqu’en 1893, il est jardinier chef de l’Asile départemental de Mâcon, poste laissé vacant par le décès de monsieur Chardigny.

Cette même année, il devient membre de la société d’horticulture de Mâcon, en remplacement de son prédécesseur et se révèle aussitôt un animateur dynamique. Après trois années à peine de présence, il en est élu secrétaire adjoint et, autre preuve d’une personnalité affirmée, se voit confier la responsabilité de membre du jury de concours horticoles, d’abord sur le plan local puis dans les villes voisines (Châlon, Beaune, Villefranche, Bourg, etc.)

En 1902, il accepte aussi la gérance du Bulletin dans lequel nous trouvons de nombreux articles de sa plume.
Dès 1905, à la société d’Histoire Naturelle de Mâcon, il est choisi comme«  membre honoraire », nous dirions aujourd’hui plus volontiers membre associé (par rapport à membre titulaire). Deux de ses observations botaniques en région macônnaise seront publiées (1905 et 1907) avec dessins de G. Lafay, dans le bulletin de cette association.

De plus en 1912, il s’engage dans la vie politique et siège au conseil municipal de Mâcon (dont il est souvent secrétaire de séance) alors que MM. Vaugy (1912-1919) puis Lavau (1919-1925) sont maires. Ce dernier, son grand ami, avocat puis juge, député en 1919, était entré au conseil municipal en 1908 et l’avait sans doute attiré en politique.

Jean-Baptiste Commerçon reste au conseil municipal jusqu’en 1925 (date à laquelle il ne se présente pas) et au secrétariat de la société d’horticulture avec la responsabilité du Bulletin jusqu’en 1920, bien qu’il ait quitté Mâcon en 1916, nommé directeur de l’annexe de l’Asile départemental à Semur en Brionnais. Cette nomination témoigne de ses qualités extraprofessionnelles et de ses qualités humaines. Il donne alors toute sa mesure en gérant un établissement dont l’effectif atteint quelque deux cents personnes, vrai village autonome avec boulanger, sabotier, menuisier, atelier de racomodage, laverie etc.

Lorsqu’on réalise les difficultés (et la durée !) d’un voyage Semur-Mâcon à cette époque (voiture à cheval jusqu’à Marcigny puis trains successifs Mâcon-Paray, Paray-Cluny, Cluny-Mâcon), on admire la tenacité et la fidélité de cet homme à l’œuvre commencée. Il est de plus un dévoué président cantonal des Pupilles de la Nation et gère pendant quelques temps la maison de vieillards Bouthier de Rochefort à Semur lorsqu’elle est privée de directeur.

Et pourtant, cet homme a du tirer de lui-même un courage énorme pour surmonter de dures épreuves familiales : à Lyon, sa jeune femme est morte en couches, le laissant avec un fils; puis deux
des quatre enfants d’un second mariage sont décédés à Mâcon, dans la fleur de l’âge.

Malgré ses multiples tâches familiales, professionnelles, municipales et associatives, il trouve le temps d’être correspondant de l’Office météorologique de Lyon, d’accuillir des  sociétés scientifiques (telle la société Linéenne de Roanne), de mettre en herbier plus d’un millier de plantes (en procédant à des échanges, notamment avec l’Association pyrénéenne), de participer à l’élaboration du catalogue des plantes de Saône et Loire de E. château et F. Chassignol, en repérant les « plantes rares » dont il a publié également une liste dans … un Guide horaire des chemins de fer – 1907.

Car il écrit des articles nombreux (surtout dans le Bulletin de la société d’Horticulture de Mâcon), articles techniques (taille des arbres fruitiers, culture de la tomate, de certaines variétés de chou, etc. moyens de protéger les plantations contre limaces, mulots, etc.) et compte-rendus d’expositions ou de visites de jardins.
Ses articles sur la culture des plantes ornementales (Chrysanthèmes, Dahlias, Orchidés, Cyclamen, rococo etc.) témoignent d’un intérêt évident pour les fleurs et d’une volonté de faire partager sa curiosité ou sa réprobation (en 1913, ferme critique d’un projet d’impôt sur les forceries*.

Quand on saura enfin qu’il est capable de jouer agréablement de la clarinette et de se servir de ce talent pour entraîner la retraite au flambeau, improvisée au soir du 11 novembre 1918, on comprendra toute la vitalité et le dynamisme de ce personnage hors du commun.

Ses participations à de nombreuses expositions horticoles lui valent de nombreuses médailles (dont une à l’exposition universelle de 1900 à Paris). Son dévouement est officiellement récompensé par deux décorations : il est fait officier du métier agricole (en 1921) et Chevalier du mérite social.

Après avoir œuvré d’un bout à l’autre du département (de la Saône et Loire), cet homme bon, qui ne laissait partir aucun visiteur de son jardin sans un encouragement, un sourire et une brassée de fleurs, meurt  le 14 août 1934 à Semur en Brionnais. Il repose à Igé, son village.

Documents consultés :

archives familiales

archives de la Société d’Horticulture de Mâcon

Fond Protat : archives de la ville de Mâcon

archives de la société d’Histoire Naturelle de Mâcon, actuellement S.E.MI.NA

Archives municipales, mairie de Mâcon

  • S.E.MI.NA : Société d’Etude du Milieu Naturel
  • Forcerie : établissement où l’on pratique le forçage des plantes, les obligeant à fleurir avant la date normale

 

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